Plan A ou Plan B ? Le dilemme du candidat-entrepreneur

Quand on veut créer son entreprise, se pose la question de savoir comment on va démarrer… Si tu n’as pas de travail actuellement et que tu veux créer ton propre job en devenant entrepreneur, tu disposes déjà d’une précieuse ressource : le temps ! Eh oui, qu’on le veuille ou non, créer son entreprise prend du temps mais c’est une aventure passionnante et excitante ! D’un autre côté, si tu as déjà un job, que tu sois salarié ou déjà entrepreneur mais que tu veux te lancer dans un nouveau projet, il n’est pas toujours évident de trouver du temps pour pouvoir t’y consacrer et t’y impliquer pleinement. Par contre, tu disposeras d’autres ressources que tu pourras engager dans ce nouveau projet : un budget de départ, des contacts pros, etc.

Tout dépend évidemment de ta situation personnelle mais tu peux commencer par faire le point sur les atouts dont tu disposes pour te lancer… Mais le temps – à mon sens avant même l’argent – est la pierre angulaire pour atteindre ses objectifs, qu’ils soient privés ou professionnels. On peut toujours se débrouiller si le budget pour démarrer est limité, par contre, si on n’a pas le temps… c’est compliqué… Tu risques de reporter, de postposer sans arrêt : « On verra ça plus tard quand on aura le temps »… Et comme je le dis toujours, plus tard, demain, c’est « jamais ». Et on risque de le regretter plusieurs années après, en se disant : « Si seulement je m’étais lancé »… C’est dommage.

Donc, la première chose à faire est de définir ton plan A : qu’est-ce que tu vas faire et comment vas-tu démarrer ? Par quoi et par où commencer ? Rassure-toi : je traiterai ce sujet dans un prochain article pour savoir comment trouver l’idée de départ. Mais revenons à nos moutons : OK, tu as ton plan A et tu travailles sur ton business model : ce que tu proposes, à qui tu vas vendre, quels seront tes fournisseurs, comment tu vas produire et distribuer ton produit ou ton service, les ressources nécessaires, etc. Du coup, on est tenté de se poser la question :  » Et si ça ne marche pas ? « .  » Ne me faudrait-il pas un plan B ? « . Et tu te poseras d’autant plus cette question si – comme moi – tu as pas mal d’idées en tête et que ça fuse non stop. Il est déjà difficile dans ce cas de choisir celle par laquelle on va commencer, et on est tenté de ne pas vraiment choisir mais plutôt de prévoir des plans A, B, C… Choisir, c’est renoncer, c’est ce qu’on appelle le coût d’opportunité : « si je choisis A, je dois renoncer à B… mais qu’arrivera-t-il si je me trompe ? »…

D’où l’intérêt du plan B : ça te permet de ne pas vraiment renoncer à B et en plus ça te donne une porte de sortie si A ne marche pas comme tu l’as prévu. C’est en effet plus sécurisant, mais tu l’auras compris : le risque est de te disperser et de ne jamais vraiment t’impliquer dans ton projet principal. En fait, il existe deux écoles sur le sujet :

  • d’une part, ceux qui refusent tout plan B avec comme argument principal qu’il serait impossible de se concentrer à 100% sur son projet si on a déjà prévu un plan B auquel il sera alors difficile de ne pas penser. Si tu te dis que, de toute façon, tu as autre chose sous le coude si ton projet se plantait, comment te focaliser sur ton plan A et t’y investir à 200% ? Bref, selon cette théorie, il faut tout de suite définir son projet et y travailler en restant focus, y croire et avancer en surmontant les obstacles un à un, sans imaginer d’échappatoire. Un éventuel plan B pourrait alors t’inciter à dévier de ta route, voire carrément à te faire abandonner au premier problème venu et te faire switcher directement sur ce second projet par facilité. En effet, je reconnais qu’un plan B, aussi sécurisant soit-il, ne doit pas servir de prétexte facile pour baisser les bras dès que ça ne se passe pas comme prévu !
  • D’autre part, ceux qui ont absolument besoin d’un plan B pour pouvoir avancer en toute sérénité dans leur projet. Il est bien entendu confortable de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier et rassurant de se dire que si ça plante, on a de quoi retomber sur ses pattes… Le plan B doit dans ce cas te permettra d’être plus audacieux et d’oser plus de choses dans ton projet, qui du coup deviendra plus original et pourra sortir du lot.

Qui a raison ? Les deux ! Mais ce sera fonction de ta personnalité. Choisis ce qui te convient et laisse le reste. Ce qui est important, c’est que Plan B ou pas, tu devras rester concentré sur ton projet, t’y impliquer, oser, innover et sortir du lot, et ne pas battre en retraite au premier obstacle… ce qui ne veut pas dire non plus foncer tête baissée ! Comme beaucoup de choses dans la vie, tout est une question de curseur : où le places-tu ? L’idéal est toujours de tester ses idées, de prendre des risques calculés, de corriger, de recommencer. Mais jamais je ne te conseillerai de prendre des risques inconsidérés pour poursuivre ton projet à tout prix ! Créer sa boîte, ou se lancer dans tout autre projet perso ou pro d’ailleurs, doit rester fun et excitant, passionnant, calculé et mesuré, testé, et les risques ne devront pas dépasser les limites que tu te seras fixées.

Tiens, ça me fait penser à une question que l’on me pose souvent en matière de création d’entreprise et qui est liée à ce qu’on vient de voir : mieux vaut-il directement se lancer dans son nouveau projet pro en tant qu’indépendant à titre principal ou au contraire, mieux vaut-il le lancer en parallèle, en tant qu’indépendant à titre complémentaire ?

Je rencontre et conseille des entrepreneur.e.s depuis des années et j’entends souvent cette question, qui est tout à fait pertinente et qui rejoint notre réflexion actuelle. Un indépendant complémentaire, c’est quelqu’un qui a déjà un job (salarié) et qui lance son entreprise sur le côté, « après ses heures ». J’ai déjà vu de tout : des gens qui se lancent directement, en personne physique, ou encore en société, d’autres qui démarrent à titre complémentaire et qui évoluent et passent d’une structure à l’autre…

Cela dépendra évidemment de tes objectifs, de ta Vision (voir l’article), de ta personnalité, de tes ressources, etc. Perso, je pense que démarrer son activité en complémentaire, à côté de son job, peut être un belle opportunité si ce statut te sert de tremplin pour avancer dans ton projet. Le risque est, ainsi que je le constate régulièrement chez certains indépendants, que tu manques de temps, de motivation, d’implication, et que cette activité ne reste finalement qu’accessoire au fil des ans, sans évoluer… Si c’est ce que tu veux, une activité accessoire qui te procure un complément de revenu, OK, pas de souci… Mais si c’est réellement pour démarrer un nouveau projet que tu veux développer, il faudra faire attention à ne pas laisser le quotidien et la routine te freiner, te brider et t’inciter à toujours postposer, à procrastiner, et finalement à renoncer à tes rêves…

Finalement, c’est comme pour le plan B : le tout est de rester focalisé sur ses rêves, sur sa Vision, ses objectifs et tout mettre en place pour y arriver… Tu peux créer tes propres règles du jeu, piocher ce qui t’intéresse et ce qui te convient, adapter ces théories à ta façon de faire, à ta personnalité, le tout étant de rester focalisé sur ce qu’on veut vraiment et d’avancer dans la direction qu’on a décidée, mais c’est plus facile à dire qu’à faire 😉 … Une nouvelle approche est d’ailleurs apparue concernant le lancement d’un nouveau business : le LEAN STARTUP. Perso, j’adore ce concept et c’est celui que j’utilise pour mes nouveaux projets, à savoir commencer par tester à moindres frais en minimisant les risques pour voir ce que ça donne, si ça « mord »… et ce n’est que quand le test est concluant qu’on lance franchement son nouveau business… Pas mal, non ? En fait, ça change de la méthode classique selon laquelle on avait une idée, on fabriquait ou on achetait, on stockait et on tentait de vendre à tout prix… sans avoir testé le marché avant. Du coup, gros risque de se retrouver avec un stock invendable sur les bras. J’y reviendrai plus en détail dans un prochain article, promis !

Alors, un bon conseil : projète-toi dans ta vie idéale et imagine-toi atteindre ce but…